Exposition

Solastalgies

Morgane Britscher, Alain Colardelle, Clara Denidet, Élise Grenois, Célia Muller, Léopold Poiré, Éric Poitevin, Bertrand Ricciuti et Hélène Thiennot


 30 janvier 
18 avril 2026



Dans mon enfance, à chaque fin d’été, des hirondelles se rassemblaient sur les fils électriques devant la fenêtre de la cuisine de la maison familiale. C’était un moment attendu, presque un rituel, avant leur départ vers des pays plus chauds. Ma grand-mère me racontait qu’autrefois, elles étaient bien plus nombreuses.
Depuis quelques années, elles ont disparu. Leur absence m’a confronté à une question simple et vertigineuse : que reste-t-il à raconter lorsque ce qui faisait paysage n’est plus là? Comment transmettre une expérience du vivant lorsque les traces deviennent invisibles, ou se sont entièrement éffacées ?

Ce sentiment diffus a trouvé un écho dans le terme de solastalgie qui désigne ainsi une souffrance vécue sans départ, une perte éprouvée sur place, lorsque les paysages familiers se transforment — sous l’effet de la pollution, de la déforestation, de l’urbanisation ou des dérèglements climatiques — jusqu’à fragiliser notre relation intime au monde. C’est à partir de cette expérience que s’est construite Solastalgies, une exposition qui explore les formes sensibles de la disparition : paysages, espèces, empreintes, traces.

Elle se déploie à la croisée de l’art contemporain, de la biologie et de l’archive, en réunissant des œuvres d’artistes contemporains mises en dialogue avec des éléments issus de l’histoire naturelle — planches d’herbiers, animaux naturalisés, archives photographiques, matières résiduelles. Dans un monde traversé par une crise écologique sans précédent, qualifiée par les scientifiques de sixième extinction de masse, cette exposition interroge notre rapport à la mémoire de la nature et de la biodiversité. Elle aborde cet héritage comme un espace fragile, fait de tentatives de conservation, de gestes de résistance et de récits à transmettre.

Les œuvres réunies dessinent les contours d’un paysage poétique composé de restes et d’absences. Elles incarnent une volonté de garder trace — pour comprendre, pour transmettre la mémoire d’espèces disparues, de formes végétales oubliées, de paysages profondément transformés. Solastalgies se présente ainsi comme un cri discret mais persistant : une attention portée à ce qui disparaît, et une manière, fragile mais nécessaire, de résister à l’effacement.

Une exposition en partenariat avec l’association LADECH et l’Université de Lorraine.

Curateur de l’exposition Valentin Wattier





Galerie Octave Cowbell
Ouvert au public du mercredi au samedi de 14h à 18h et sur rendez-vous.  

4 Rue du Change, 57000 Metz
ocowbell@gmail.com
+33 (0)6 70 89 40 82
Avec le soutien de la DRAC Grand Est, de la Région Grand Est, de la Ville de Metz et du Département de la Moselle.
Membre de Plan d'Est.

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